Série 05 – Le sacré et le profane

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Le sacré et le profane

 La particularité du lieu tient au contraste entre le bâtiment de l’église, trop neuf, trop net et, alentour, les débris, le bric-à-brac, les machines du chantier interrompu. D’un côté le sacré, mais un sacré vide (il y a un aspect Las Vegas dans ces murs qui ressemblent à un décor) ; de l’autre le profane, sous la forme du prosaïque. Du sacré de façade et du prosaïque plein. Du neuf à l’abandon. Les jerricanes devant la mosaïque de la Vierge.

J’ai la certitude immédiate de me trouver en un endroit qui dit plus que lui-même. Face à un réel qui s’offre à son propre dépassement. Pourquoi, par quoi? Peut-être par une sorte de schématisation, de caricature. Tout est dans ce contraste, dans le choc de deux réalités, plus vif que dans le réel ordinaire. Le sacré étant vidé de sa substance, c’est le concret qui prend de la densité. Les valeurs basculent. On se prend à reconnaître une certaine beauté aux objets qui entourent l’église, une beauté assez mystérieusement absente des mosaïques.