Série 07 – Le petit pan de mur jaune

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L’orange et le petit pan de mur jaune

Contrainte initiale : le format « carte postale». Penser « carte postale ». Qu’est-ce qu’une carte postale ? La reproduction d’un lieu-cliché. Jouer avec ça.

Sainte-Sophie, comme ça aurait pu être la Tour ou l’Empire State Building.

Le cadrage propre, frontal, d’un lieu-cliché. Bonne visibilité du lieu : « j’y suis allé ».

Puis vient l’intervention, le « détournement » :

1- une météorologie neutre, grisâtre, pas le bleu-carte-postale.

2- l’église-mosquée-musée à demi masquée par un volume laid, au moins en apparence. Mais Sainte-Sophie n’est-elle pas laide aussi, de l’extérieur, avec son allure de forteresse ? Et ce qui la masque ne ressemble-t-il pas à l’archétype de la maison, la maison telle que la dessinent les petits enfants ? Cela, entre autres, ne donne-t-il pas à cette construction une sorte de beauté ?

3- autre détournement, visuel et par le titre : le spectateur est invité à aller chercher le petit pan de mur jaune, comme il l’était par Proust devant la vue de Delft de Vermeer.

On multiplie par trois la carte postale, en proposant trois cadrages presque semblables et trois climats légèrement différents. On invite le spectateur à regarder de la nuance, de la petite différence, alors que la carte postale sollicite un regard global, massif.

Et on propose une quatrième image, au contenu apparemment tout différent. Formellement, il y a tout de même une ressemblance. L’élan vers la transcendance que figurent les minarets est repris par la silhouette de cet étrange récipient encapuchonné d’une orange. Tout peut servir de matière aux « exercices de verticalité » : il ne sert à rien, pauvres diables, d’interdire les minarets.