Série 05 – Les pères Noël

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Les pères Noël

C’est bien connu, les daguerréotypes ont la qualité d’offrir des images changeantes, mobiles, indécises, flottantes. Selon l’angle sous lequel on les observe et les conditions d’éclairage, elles peuvent apparaître en positif ou en négatif, voire en un mélange des deux. Pour l’homme d’aujourd’hui, c’est avant tout cela qui fait leur étrange beauté.

Regardés sous un certain angle, les écrans de nos ordinateurs produisent des images qui font penser à cela. Qui n’a jamais joué au moins un instant à modifier la position de son regard face à l’écran ou à incliner celui-ci afin d’y faire apparaître des reflets bizarres, de grosses taches noirâtres, des modifications de couleurs et des inversions entre le positif et le négatif ?

Tel est le point de départ du présent projet. J’ai choisi quatre images, scannées à partir de gouaches, et je les ai photographiées plusieurs fois, directement sur écran, en donnant au plan de celui-ci un angle variant de 30 à 45 degrés par rapport au plan du film.

Je suis parti de banales représentations du père Noël. J’étais curieux de voir comment ces clichés de l’innocence, de la pureté, de l’enfance, réagiraient aux perturbations que je leur ferais subir.

Au spectateur de juger si le résultat va du côté d’une sorte de joliesse paradoxale, le kitsch ordinaire de Noël devenant ici une sorte de kitsch au carré, sublimant l’original par l’effet de la transformation et de la saturation des couleurs ; ou alors du côté d’une laideur dégradante (et peut-être intéressante à ce titre), les pères Noël étant comme envahis par le flou et une sorte de moisissure ; ou enfin, et ce serait la synthèse des deux réactions précédentes, du côté d’une petite monstruosité, inquiétante et familière à la fois.